Journal de 1985
2024
Le contexte
» Écrire de la musique sur les dessins de Xavier Coste est toujours très naturel pour moi, car nous avons un goût très similaire, des références très proches dans ce qu’on aime créer, ou ce qui nous inspire. Je trouve cela toujours étonnant, en sachant que nous nous sommes rencontrés en 2021 via Instagram, quand un jour j’ai posté que je composais un cadeau musical pour son adaptation de « 1984 ».
Depuis, notre travail commun m’a permis d’explorer l’univers magistral de ses dessins et la tension du roman de George Orwell. Cette collaboration nous a menés sur scène, car en 2022 nous avons créé ensemble un spectacle immersif en résidence au Théâtre Princesse Grace à Monaco. Un peu plus tard, c’est avec impatience et une immense curiosité que j’attendais la suite du chef-d’œuvre de George Orwell par Xavier Coste.
Après ma première lecture de « 1985 », j’entendais des choses sur les planches, mais j’ai longuement cherché le vocabulaire sonore pour le livre. Au départ dans mes recherches l’année « 1985 » m’a coincé, car j’avais une crainte de ne pas pouvoir poser d’autres sons, plus modernes, puisqu’il y avait seulement un an d’écart dans l’histoire avec le livre précédent. Mais Xavier m’a précisé, que dans le livre de George Orwell le temps n’existait pas vraiment et que la propagande a construit un espace-temps propre à sa dictature, alors on disait « 1985 », mais cela pouvait être cinq ou dix ans plus tard.
Cette idée m’a frappé… Être enfermé dans un état, qui comme un laboratoire fait de sa population ce qu’il veut, même convaincre que le temps défile à une période plausible à Big Brother et à la Partie… C’est alors avec cette liberté « incubatoire » que j’ai composé la musique, j’imaginais mon état dans une vie coupée du temps et seulement concentré sur l’effort de dévotion à la Partie. J’ai imaginé les sons comme une mémoire gravée dans les têtes de révoltants, comme des cassettes et des films interdits de la circulation. J’enregistrais mon violoncelle, mon piano et mes synthétiseurs sur les vieux supports de bandes magnétiques, pour donner ce grain de la neige incessante qui traverse le livre de Xavier Coste, j’ai aussi crée des instruments inédits à partir de mes enregistrements des câbles électriques et de sons analogiques.
Trop beau à voir dans un livre dessiné, mais en gardant l’espoir que cela reste une fiction encore bien longtemps. »
Crédits :
Musique originale composée et interprétée par ilia Osokin.
Violoncelle acoustique et électronique, Arturia Polybrute, Bandes Revox, Piano, Sampleurs inédits et sons enregistrés // ilia Osokin
Enregistrement, Mixage, Mastering par ilia Osokin
Durée : 27min 17sec


